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» 2008 » novembre

  • Presse/années de plomb: référé contre le directeur du journal quotidien Al Jarida Al Oula
    By media on novembre 28th, 2008 | No Comments Comments

    La justice marocaine a été appelée mercredi à trancher dans une affaire touchant des témoignages sur la dure répression politique pendant les “années de plomb” (1960-1999).
    Le président du Conseil consultatif des droits de l’Homme (CCDH) Ahmed Herzenni a saisi la justice pour stopper la publication de ces témoignages par le quotidien Al Jarida Al Oula dirigé par Ali Anouzla.
    Le tribunal de première instance de Rabat rendra son jugement jeudi, a annoncé le président de la cour. Ces témoignages n’avaient pas été retransmis directement à la télévision et à la radio nationales comme l’avaient été des déclarations d’autres anciennes victimes de la répression en décembre 2004, organisées par une commission de vérité, l’Instance équité et réconciliation (IER) dissoute en novembre 2005).
    Les textes publiés par le quotidien, transcrivaient des témoignages devant cette commission. Une fois l’IER dissoute, Mohammed VI avait chargé le CCDH de gérer la mise en oeuvre de ses recommandations, ainsi que l’utilisation de ses archives.
    “Il n’existe aucun texte, aucune loi qui confère un caractère secret aux documents publiés par Ali Anouzla”, a affirmé l’avocat du journal Me Hassan Semlali.
    “Le CCDH lui-même affirme que ces documents pourraient être consultés par des +chercheurs sérieux+, confirmant ainsi qu’ils n’avaient rien de secret”, a ajouté l’avocat. Le CCDH a eu recours à la justice en faisant valoir une loi sur les archives, même si les décrets d’application n’ont pas encore été promulgués. Cette loi stipule que le délai pour la libre communication peut aller de 30 ans à un siècle.
    “Nous avons fait appel à la justice pour obtenir que cesse la publication de témoignages devant constituer une matière féconde pour des chercheurs sérieux, et non pas un objet de concurrence entre journalistes haletant derrière des scoops”, avait déclaré le président du CCDH Ahmed Herzenni dans un communiqué.
    Il avait également fustigé “la bassesse morale” de certains journalistes”.
    L’avocat Abderrahim Jamaï a informé le juge que le journaliste “se réserve le droit de poursuivre le CCDH en justice concernant les attaques de M. Herenni”.
    “Je tiens à mon droit de continuer à publier des témoignages sur cette période de l’histoire du Maroc”, a déclaré à l’AFP M. Anouzla, directeur d’Al Jarida Al Oula, et ancien directeur du bureau du quotidien arabe Acharq Al Awsat à Rabat.
    Son journal avait notamment publié des témoignages d’Abdelhadi Boutaleb (ancien conseiller du roi Hassan II) et de Khelli Henna Ould Errachid (notable sahraoui). Si la cour décidait de juger en faveur du CCDH, Ali Anouzla devrait payer une amende s’il ne respecte pas la sentence, a indiqué l’un des avocats du journaliste. AFP

  • WAC:Zaki reste à la tête du club
    By media on novembre 28th, 2008 | No Comments Comments

    Après avoir annoncé sa démission de son poste d’entraîneur du WAC de Casablanca pour protester contre la sanction dont il a été victime de la part du Groupement national de football qui l’a suspendu pour une année avec sursis et une amende de 60.000 DH pour avoir pénétré à l’enceinte de jeu lors du match AS FAR-WAC, Badou Zaki est revenu sur sa décision.

    Il a fallu l’intervention des membres du comité qui l’ont assuré de leur soutien pour que le technicien des Rouges décide d’honorer son contrat avec le club qui court jusqu’à la fin de la saison. Zaki a dirigé la séance d’entraînement du club hier au complexe Mohamed Benjelloun.
    Selon les proches de l’entraîneur, la décision de Zaki semble motivée par la crainte d’être la cible privilégiée des arbitres, surtout que la sanction avec sursis peut être utilisée à son encontre à tout moment et par conséquent elle peut déstabiliser le club qui vise à jouer les premiers rôles cette année. «Il n’est en aucun cas une fuite ou une peur d’un échec», assure un proche de l’entraîneur.
    Cette décision avec sursis, il faut le dire, est une épée de Damoclès qui plane sur la tête de l’entraîneur. Ce dernier ne doit pas être présent sur le banc de touche pour ne pas être averti une deuxième fois. Cette décision va complètement le museler et le réduire à un simple spectateur à la moindre protestation même logique.

    Ce qui revient à dire que chaque rencontre serait une épreuve pour l’entraîneur qui ne pourrait plus diriger convenablement ces hommes.
    Alors que le WAC s’attendait à voir la commission disciplinaire du Groupement national de football d’élite revoit cette sanction lors de la réunion tenue hier, cette dernière a remporté jusqu’à une date ultérieure son jugement. Le motif invoqué : aucun représentant du WAC n’a assisté à la réunion.
    La sanction de Zaki continue d’empoisonner les relations entre le WAC et le groupement national. Il est à signaler que la commission disciplinaire a maintenu inchangée la sanction du joueur du WAC Fawzi Abdelghani qui a écopé de quatre matchs.

    En revanche, elle a reporté l’affaire Adil Hliouat à une date ultérieure. Beaucoup d’encre a coulé sur cette affaire et continuera de couler dans les jours et les semaines à venir si les sanctions prises contre les uns et les autres ne sont pas bien étudiées de façon à ne pas pénaliser les équipes et fausser le championnat.
    L’affaire Adil Hliouat a également pris une dimension énorme alors que les textes de loi qui régissent ce genre de comportement antisportif sont clairs.

    Il a fallu l’intervention des membres du comité qui l’ont assuré de leur soutien pour que le technicien des Rouges décide d’honorer son contrat avec le club qui court jusqu’à la fin de la saison. Zaki a dirigé la séance d’entraînement du club hier au complexe Mohamed Benjelloun.
    Selon les proches de l’entraîneur, la décision de Zaki semble motivée par la crainte d’être la cible privilégiée des arbitres, surtout que la sanction avec sursis peut être utilisée à son encontre à tout moment et par conséquent elle peut déstabiliser le club qui vise à jouer les premiers rôles cette année. «Il n’est en aucun cas une fuite ou une peur d’un échec», assure un proche de l’entraîneur.
    Cette décision avec sursis, il faut le dire, est une épée de Damoclès qui plane sur la tête de l’entraîneur. Ce dernier ne doit pas être présent sur le banc de touche pour ne pas être averti une deuxième fois. Cette décision va complètement le museler et le réduire à un simple spectateur à la moindre protestation même logique.

    Ce qui revient à dire que chaque rencontre serait une épreuve pour l’entraîneur qui ne pourrait plus diriger convenablement ces hommes.
    Alors que le WAC s’attendait à voir la commission disciplinaire du Groupement national de football d’élite revoit cette sanction lors de la réunion tenue hier, cette dernière a remporté jusqu’à une date ultérieure son jugement. Le motif invoqué : aucun représentant du WAC n’a assisté à la réunion.
    La sanction de Zaki continue d’empoisonner les relations entre le WAC et le groupement national. Il est à signaler que la commission disciplinaire a maintenu inchangée la sanction du joueur du WAC Fawzi Abdelghani qui a écopé de quatre matchs.

    En revanche, elle a reporté l’affaire Adil Hliouat à une date ultérieure. Beaucoup d’encre a coulé sur cette affaire et continuera de couler dans les jours et les semaines à venir si les sanctions prises contre les uns et les autres ne sont pas bien étudiées de façon à ne pas pénaliser les équipes et fausser le championnat.
    L’affaire Adil Hliouat a également pris une dimension énorme alors que les textes de loi qui régissent ce genre de comportement antisportif sont clairs.
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    Priorité, le championnat

    Le WAC de Casablanca s’est qualifié aisément au deuxième tour de la Ligue arabe des clubs champions en venant à bout de l’équipe du Chabab de Jordanie sur le score de deux buts à zéro. Les deux buts de la rencontre ont été signés par Faouzi El Brazi et Abdessamad Rafik. Le match aller a été soldé également par la victoire des hommes de Baddou Zaki (3-0). Désormais, les regards du WAC sont tournés vers le championnat pour essayer de réduire l’écart qui les sépare du leader l’AS FAR. Le report du championnat ce week-end en raison du match Maroc-Libye comptant pour la coupe d’Afrique des Nations des joueurs locaux va permettre au club de respirer un peu et de récupérer les joueurs blessés avant d’aborder à nouveau le championnat.

    Par Abderrahman Ichi | LE MATIN

  • M. Naciri: Le ministère soucieux d’améliorer la qualité de la production culturelle et artistique
    By media on novembre 28th, 2008 | No Comments Comments

    Le ministère de la Communication est soucieux d’améliorer la qualité de la production culturelle et artistique nationale dans le domaine de l’audiovisuel, afin qu’elle soit à la hauteur des attentes des citoyens et qu’elle puisse refléter la diversité culturelle du Maroc, a affirmé jeudi M. Khalid Naciri, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement.

    S’exprimant lors d’une réunion de la Commission de l’Enseignement et des Affaires culturelles et sociales à la Chambre des conseillers, consacrée à l’examen du projet de budget sectoriel 2009 du département de la communication, M. Naciri a indiqué que les projets et programmes d’action relatifs au secteur audiovisuel et à la situation du pôle public, prévus l’année prochaine, visent à rehausser la qualité du contenu de la grille des programmes des chaînes du pôle public et à favoriser la complémentarité entre celles-ci, tout en continuant d’accorder la priorité à la production nationale.
    Le ministère, a-t-il ajouté, est en train de préparer un contrat-programme entre le gouvernement et les professionnels du cinéma (producteurs, réalisateurs, techniciens, distributeurs et exploitants des salles de cinéma), visant à définir les engagements des différentes parties en faveur de la promotion de l’industrie cinématographique marocaine.
    Dans le domaine du renforcement des mécanismes de protection de la propriété intellectuelle et des droits d’auteur, M. Naciri a indiqué que le programme 2009 prévoit la révision de la situation juridique de l’Office marocain des droits d’auteurs qui sera érigé en établissement public doté des moyens juridiques et pratiques lui permettant de s’acquitter au mieux de ses missions.
    De même, les campagnes de sensibilisation à l’importance de la lutte contre le phénomène du piratage et de la contrefaçon seront poursuivies aux niveaux national et régional, a-t-il ajouté.
    Dans le domaine de la publicité, le ministre a souligné qu’il est prévu en 2009 de poursuivre les consultations avec les professionnels, de réaliser des études relatives à l’élaboration d’un cadre juridique global pour ce secteur, de créer une instance professionnelle indépendante chargée de veiller au respect de la déontologie en vigueur au niveau international.
    M. Naciri a également indiqué que des actions seront engagées pour l’amélioration de l’offre publicitaire et la création d’un Grand Prix dédié à la publicité en vue de valoriser la production publicitaire nationale.
    Concernant l’Agence Maghreb Arabe Presse (MAP), le ministre a souligné que cet établissement a assuré, durant l’année 2008, la couverture des différents événements et manifestations aux niveaux national et international, et a accumulé plusieurs acquis sur la voie du développement de son action, la formation et la qualification de ses ressources humaines, la diversification et l’amélioration de son produit.
    Les acquis de l’Agence, a-t-il ajouté, couvrent aussi l’élargissement du réseau de ses bureaux régionaux et internationaux, l’accompagnement des changements rapides survenus dans le domaine des nouvelles technologies et le raffermissement de ses liens de coopération avec les Agences de presse arabes, africaines et internationales, ainsi qu’avec les différentes organisations professionnelles opérant dans les secteurs de l’information et de la communication.
    Dans ce sens, M. Naciri a souligné que ces efforts se poursuivront en 2009 conformément aux programmes proposés, lesquels visent l’amélioration du rendement de cet établissement, le renforcement du rôle vital qu’il joue dans le suivi de la vie nationale, politique, économique, sociale et culturelle.
    Sur le registre de la gestion des ressources humaines du ministère, M. Naciri a passé en revue les projets mis en œuvre par les services centraux et les établissements qui en relèvent en matière de formation et de formation continue, de développement des capacités et des compétences concernant les différents métiers de l’information et de la communication.
    Cette orientation sera renforcée à travers plusieurs projets portant notamment sur la promotion de l’Institut supérieur de l’Information et de la Communication, la création de l’Institut supérieur des Métiers de l’Audiovisuel et du Cinéma et de cursus de formation aux métiers d’information et de communication au niveau des établissements de formation.
    Pour leur part, certains conseillers ont considéré que le budget du ministère de la communication (0,22 pc du budget général de l’Etat) demeure “insuffisant” et ne répond pas aux attentes des acteurs du secteur, confronté à une rude concurrence des chaînes satellitaires internationales.
    Dans ce sens, ils ont appelé à l’accélération de la mise en place des chaînes amazighe et parlementaire, tout en les dotant des ressources financières et humaines nécessaires. Ils ont d’autre part appelé à la création de stations de télévision régionales en vue de mettre en évidence les spécificités culturelles et sociales de chaque région, et se sont félicités du succès réalisé par la station de télévision de Laâyoune.

    MAP
  • Les lions de l’Atlas locaux affrontent la Lybie ce Samedi
    By media on novembre 28th, 2008 | No Comments Comments

    L’équipe nationale des joueurs locaux continue ses préparations pour le match qui l’opposera samedi à son homologue libyenne dans le cadre du dernier tour des éliminatoires du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN).

    Lundi, les hommes de Abdellah Blinda ont entamé une nouvelle concentration au centre national de football de Maâmora. Les vingt joueurs convoqués y ont participé, notamment ceux du Wydad et du Raja qui ont rejoint le groupe après leur arrivée de Jordanie et de Syrie. Hier, le Onze national local est arrivé à Casablanca où se déroulera la rencontre contre la Libye. Il aurait effectué une séance d’entraînement au complexe Mohammed V. Ainsi, la rencontre contre la Libye s’avère importante. L’équipe nationale devra réaliser un nouvel exploit si elle veut se qualifier à la première édition du CHAN qui aura lieu l’année prochaine en Côté d’Ivoire.

    Orchestrée par le technicien marocain Abdellah Blinda, cette équipe est dans l’obligation de livrer un bon match et surtout de faire oublier les pâles prestations, notamment face à l’Algérie dans le cadre du premier tour (rappelez-vous, l’équipe algérienne a tenu en échec notre sélection. Seuls les tirs au but ont permis au Maroc de se qualifier). Avouons-le, nos joueurs locaux, et malgré quelques talents individuels, ont fait preuve de beaucoup d’inexpérience. Développant un jeu peu aéré, les coéquipiers de Kaddioui ont raté l’occasion de s’illustrer lors de leurs précédents matches. C’est d’ailleurs, ces lacunes que Abdellah Blinda tentera de combler. Ainsi, plusieurs changements ont été opérés sur la liste des joueurs de l’équipe nationale locale. Le technicien marocain a fait, en effet, appel à quatre nouveaux éléments, afin de renforcer les rangs de la formation.

    Il s’agit des gardiens de but Khalid Askari (FAR) et Hakim Ait Boulmane (MAS), du sociétaire de l’Itihad zemmouri de Khémisset Hicham El Fatihi et Mohamed Berabeh du Mouloudia d’Oujda. Du sang neuf donc au sein de l’équipe nationale qui ambitionne d’atteindre la phase finale du CHAN. Par ailleurs, Blinda avait expliqué auparavant que la rencontre est loin d’être facile. «Les matches entre les équipes nord-africaines sont souvent caractérisés par une rivalité ancestrale», avait-il déclaré à la presse. L’entraîneur des Locaux a même assuré qu’il a visionné plusieurs cassettes vidéo des matches de l’équipe libyenne pour avoir le maximum d’informations sur cette formation qui a créé la surprise en battant la Tunisie.

    D’un autre côté, Blinda a affiché sa satisfaction de cette dernière concentration qui lui a permis de connaître davantage les joueurs de son équipe. Rappelons, enfin, que cette compétition, en l’occurrence le championnat d’Afrique des Nations, a provoqué plusieurs réactions. Plébiscitée par les uns et critiquée par les autres, la première édition du CHAN a fait couler beaucoup d’encre. En effet, plusieurs observateurs du football africain posent des questions sur l’importance de cette compétition, alors que le continent africain célèbre chaque deux ans son football grâce à la fameuse Coupe d’Afrique des Nations (CAN). C’est ainsi que certaines équipes ont même refusé d’y participer, en l’occurrence l’Egypte.

  • Arts plastiques:Traces écrites et choses dites de Hossein Tallal
    By media on novembre 28th, 2008 | No Comments Comments

    La Galerie Memoarts de Casablanca organise du 3 au 18 décembre prochains une importante et rarissime exposition consacrée aux œuvres d’un grand peintre, ressurgi subitement sur la scène après une longue et volontaire absence de plus de 25 ans.

    Il s’agit de Hossein Tallal, peintre de la première heure qui, avec Cherkaoui, Gharbaoui, Hassan Glaoui et autres icones de la jeune peinture marocaine , aura incarné à coup sûr la peinture marocaine pionnière. Placée sous le thème de «Tallal ou le grand retour», elle recouvre de longues années de travail scrupuleux et la réhabilitation de toiles récentes, une laborieuse et silencieuse créativité dont la somme de tableaux au nombre de plus d’une trentaine, illustre si besoin est la profondeur magique du grand peintre qu’il n’a jamais cessé d’incarner. Hossein Tallal était adulé dans les années soixante et soixante-dix par la critique française et internationale, enfant prodige de la peinture, artiste scintillant comme son œuvre dans une scène – casablancaise ou parisienne –, représentant emblématique d’une génération qui faisait de l’art, outre la vocation irénique, une véritable profession de foi, une manière d’apostolat, il rouvre aujourd’hui pour nous ce chemin de sa redécouverte. Sur la plage du temps immémorial, sur les sables engloutis et charriés il dessine le visage de l’Homme, héros foucaldien déchu, sujet disparu aussi.

    La Galerie Mémoarts nous convie à la découverte d’une fresque inédite, non pas figée mais couvrant l’immensité de ses cimaises comme une lumière noire : tableaux immenses au grand format de 162×130 cm inscrits dans la catégorie des « portraits imaginaires», toiles géantes appartenant à la série des « artistes voyageurs de la nuit » ! Ils retracent comme l’époque joyeuse et surtout inquiète de Baudelaire, avec ses personnages fanfreluchés, ses dames huppées mais en même temps drilles folichonnées, la tête en plumes, les couleurs vives jusqu’à l’usure et cette inclinaison de la bouche «gavrochienne» qu’un Victor Hugo des « Misérables » prêterait volontiers à ses personnages baroques, sociaux, communs et simplement humains.

    Les portraits ici sont à Hossein Tallal ce que le trait et les visages étaient à Gustave Courbet, un art d’une implacable virtuose élevé au rang de l’obsession. Mieux , plus que le portrait de « l’Homme à la pipe » que ce dernier a croqué et que l’humanité conserve dans sa mémoire comme le chef d’œuvre du XIXème siècle , Tallal déloge de leur solitude et de l’inconnu dans lequel ils sont plongés, une pléiade d’hommes et de femmes, une galerie de portraits que l’on placerait dans cette surprenante taxinomie d’hommes ordinaires ou atypiques mais qu’un certain George Luis Borges, écrivain argentin, inspiré d’une certaine encyclopédie chinoise, a décrits subtilement sous le titre “Le comptoir céleste des connaissances bénévoles” : « les animaux se divisent en : 1)- Appartenant à l’empereur ; 2)- Embaumés ; 3)-Apprivoisés ; 4)-Cochons de lait ; 5)- Sirènes ; 6)-Fabuleux ; 7)- Chiens en liberté ; 8)-Inclus dans la présente classification ; 9)- Qui s’agitent comme des fous ; 10)- Innombrables ; 11)- Dessinés avec un pinceau très fin en poils de chameau, Etc. ; 12)- Qui viennent de casser la cruche ; 13)- Qui de loin semblent des mouches… » .

    Au premier degré, un tel tableau incommode , mais son ordonnancement est au principe d’une création. Faut-il rappeler pour d’aucuns comment Michel Foucault, celui qui guida nos pas à l’instar d’un maître et d’un gourou, avait repris de manière fort détaillée cette classification inquiétante de Borges dans l’admirable et lumineuse introduction de son livre : « Les Mots et les choses », publié en 1966 ?

    Lorsque notre regard traverse, avec une impertinente vigilance qui est elle-même l’écho vivant à la rédhibitoire attirance que l’œuvre de Tallal exerce sur nous, elle nous inspire à vrai dire une inquiétude similaire. Son travail nous interpelle dans le même élan de nostalgie, comme cette « saudade do Brasil » colorée. On saisit dès lors la puissance de son imprégnation. Elle organise pour nous le carrousel de symboles croisés, elle nous plonge dans le jeu de découverte des choses visibles et invisibles, elle déroule pour nous le miroir des profondeurs abyssales. On eût dit la silhouette, hagarde d’un Rimbaud dans son périple en Ethiopie, Djibouti et le Yémen , une scène en somme hantée par des ombres hallucinées. Ce n’est pas la peinture qui imite le monde ou l’espace cosmique, c’est à la fois une immense mais réductible fresque qui déroule ses mystères.

    C’est aussi la prose qui décrit des hommes et des femmes dans leur condition intrinsèque : le visage qui se mire dans un ordre qui confine au tragique et que l’écriture du peintre déploie avec finesse et transcendance. Comme le disait en son temps déjà Buffon, théoricien du naturalisme, incomparable «visagiste» au faîte de la gloire, «la nature est remplie de choses différentes et d’exception». La généalogie de l’écriture ici , cette poupée russe qui se déboîte et se dévoile pour nous à travers une trouble galerie sulpicienne de portraits, n’est-elle pas celle-là même que les critiques des années soixante ont figée et décrite en parlant des premiers travaux de Hossein Tallal ?

    Raoul Saint Martial, critique d’art, scalpel à la main , n’hésitait pas à écrire le 28 mai 1967 dans l’édition du « Petit Marocain» , ancêtre du «Matin» d’aujourd’hui que «le jeune peintre a choisi pour moyen d’expression toutes les teintes de gris d’où se dégagent, comme d’un rêve, des visages marqués de crainte et d’angoisse». Cet hommage s’inscrit , en effet, dans celui que la ville de Paris avait rendu à Hossein Tallal, lorsqu’au cours de la même année 1967, la « Galerie La Roue », lui offrit ses salles et lui déroula ses combles. En 1871, René Huyghe, éminent professeur au Collège de France et à l’Ecole du Louvre de Paris , critique d’art reconnu, lui avait consacré un texte dans le monumental livre qu’il avait publié sous le titre « Les Arts dans le monde » chez Larousse.

    Il y souligne l’originalité et une sobriété dans la technique articulée sur des recherches personnelles que le peintre imprime sur son style et son écriture syntagmatique. Denise Divorne, autre critique d’art écrivait prosaïquement à la même époque que « la peinture de Tallal est une peinture d’évasion aux frontières de l’art figuratif, une interprétation subjective de la réalité objective.
    Le spectateur , en abordant son œuvre, doit savoir qu’il va vers la rencontre de cette vision, sinon ile ne peut la comprendre ».

    L’œuvre de Hossein Tallal, comme cet oxymore , concilie les genres et les différences dans une même procession de visages au regard figé. Mais lumineux et pétillant, à la limite d’une désinvolte fourberie. C’est une œuvre qui parle d’elle-même. Furibarde, elle nous crie et nous impose son silence monacal, obsessionnelle, elle nous apaise, singulière , elle reste communautaire. La Galerie Mémoarts a donc décidé de nous ouvrir le temple d’un artiste de grande dimension, elle nous introduit à grands pas dans le « Sanctum santorium » de celui qui incarne une part significative de la peinture, dont le célèbre critique d’art français, Jean Bouret disait de lui dans « Les Lettres françaises » , « qu’il est l’un des meilleurs peintres marocains qui soient » et qui le faisait penser au grand poète maudit William Blake ! Tout chez Tallal est représentatif qui , pour autant, laisse se déployer librement et allégrement l’espace et avec lui son environnement.

    Comme Manet , il manie « le sombre et la couleur », il fait jouer le regard croisé et complice du personnage de peinture et du spectateur. Son exposition, si elle signifie un retour sur la scène picturale après une longue éclipse, constitue aussi une rupture.

    Par Hassan Alaoui | LE MATIN

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