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HIGH-TECH, MAGAZINE - Samedi, avril 26, 2008 17:54 - 0 Comments
Les NTIC et tout un symbole !
J’ai pu voir, mardi, à quoi pouvait ressembler une personne à la tête d’une entreprise qui pèse 52 milliards de dollars de chiffre d’affaire, qui emploie 79.000 personnes, qui a une implantation quasi planétaire et dont l’un des produits phares, le système d’exploitation Windows, fait tourner 97% des P.Cs dans le monde. Excusez du peu !
En effet j’ai eu l’occasion d’approcher Steve Ballmer, de l’écouter, et de lui poser deux petites questions sur lesquelles je reviendrais brièvement vers la fin de cette chronique
Quel effet ça peut faire que de se retrouver face à un tel personnage ?
D’abord de la fascination, s’en suit un petit moment de flottement…ensuite on commence à prendre la réelle mesure de ce que peut être un monsieur hors du commun. Et Steve Ballmer, lui, l’est à plus d’un titre !
Je peux même dire à ceux qui auraient encore quelques doutes, sur ses capacités à pouvoir succéder à Bill Gates dans l’imaginaire de ceux, et ils sont maintenant des centaines de millions à travers le monde, qui utilisent la plate forme Windows, qu’ils n’ont qu’à tourner définitivement la page de leurs doutes…
J’ai pu en effet mesurer combien est titanesque le travail qu’il fournit à chaque instant pour réussir à faire parfaitement juxtaposer son image à celle du géant, Microsoft, dont il coiffe, depuis 2000, la hiérarchie.
Certes sa fortune personnelle, 14 milliards de dollars, reste à distance respectable de l’épaisseur du matelas financier sur lequel repose l’empire Bill Gates, cependant l’enthousiasme, l’intelligence, la passion, la force physique et l’entrain qu’affiche Steve Ballmer laissent facilement deviner combien sont grands son appétit pour la réussite et son envie d’occuper les premières loges.
On aura certainement l’occasion de le vérifier d’ici peu d’années…
Quelques uns parmi nos lecteurs seraient, peut être, tentés de croire ou de penser que je serais entrain de filouter un discret petit coup de pub pour Microsoft ou pour son grand manitou, Ballmer. C’est me méconnaître, et ne pas connaître, du tout, le journal qui me publie, que de penser que l’un, l’autre, ou tous les deux, nous pourrions un jour rouler pour le compte d’untel, d’une entreprise, d’un lobby ou pour le compte d’une entité quelconque.
Notre conception de la pratique journalistique nous astreint à une rigueur qui nous dicte de prendre toute notre liberté pour dire notre satisfaction quand il y a lieu de le faire, et bien évidement notre désappointement, parfois toute notre rage, quand il y a lieu de le faire aussi.
Steve Ballmer est un monsieur qui, et comme je le disais, ne peut que séduire et fasciner, mais cela dit, il est à la tête d’une entreprise qui, tout en étant une très belle réussite, suscite beaucoup de critiques. Notamment pour user de sa position dominante, et monopolistique, et pour user de certaines pratiques qualifiées d’illégales par ses détracteurs.
Et entre autres questions que j’ai eu à poser à Steve Ballmer, il en est une qui, justement, est en rapport avec les critiques que soutiennent les partisans du logiciel libre, et qui qualifient de taxe Windows la vente liée de Windows avec tout PC de constructeur. Je lui ai rappelé, en lui demandant s’il maintenait toujours, une description qu’il avait faite, quelques années auparavant, du Linux, le système d’exploitation libre, qui disait-il «présentait les caractéristiques du communisme» (sic) et qu’il avait comparé dans un deuxième temps à «un cancer qui contamine la propriété intellectuelle dès qu’il la touche»
Sa réponse : d’abord l’amorce d’un sourire, puis un assez long plaidoyer sur l’incontestable position de leader de Microsoft, enfin quelques mots sur ses concurrents qui, dit-il, peuvent toujours développer les systèmes d’exploitations qu’ils veulent…nous seront toujours les meilleurs.
On aura pu remarquer combien, Steve Ballmer a mis, depuis, non seulement un bémol à ses performances vocales, en se faisant opérer, oui, il l’a réellement fait, pour crier moins fort «Windows, windows, windows», mais aussi combien il met désormais d’eau dans son vin pour parler de ses concurrents….
Pour finir, j’ai retenu, de cette visite, l’audience qu’a accordée le Prince Moulay Rachid à Steve Ballmer. Tout un symbole !
Logiquement, la rencontre qu’il a eue avec le Premier ministre, Abbas El Fassi, aurait été largement suffisante pour que notre pays remplisse ses obligations protocolaires à l’égard d’un hôte de cette stature. Néanmoins cette audience princière fut intégrée dans le programme de sa visite.
Personnellement, j’y ai, d’abord, vu un signal fort d’ouverture et de modernité de l’institution monarchique sur les nouvelles technologies, ce que l’on sait depuis un bout de temps déjà, mais il est aussi, à mon sens, un autre signal, celui là, plus fort encore, et en rapport avec la malheureuse affaire Mortada.
En effet cette audience est venue pour confirmer, si besoin était encore de le faire, que l’institution monarchique n’est, très souvent, d’aucun lien avec ce qui, parfois, peut se faire, avec quelque zèle, au nom de la préservation de la sacralité et du respect qui est du à cette institution. Et ça n’est probablement pas par hasard que Ballmer ait été reçu par le Prince Moulay Rachid lui-même…Tout un symbole comme je vous disais !
Jamal Hafsi | Al Bayane